Aurélie MANTILLET
A travers des thèmes forts – l’accouchement, les anges, la chasse, l’abattoir – je pose une peinture nerveuse, vive, affirmée et colorée. Mes tableaux sont le contraire de l’application minutieuse. Je réalise toujours plusieurs travaux en même temps, en utilisant les pigments purs, formant la matière avant de revenir en jus liquides. Les couleurs se recouvrent avant de réapparaître au séchage ou par grattage. Le concept et le sujet précèdent le tableau mais la réflexion se construit en peignant, pendant la réalisation : je pense sur la toile.
C’est ma manière de peindre, sans orgueil, sans prétention et avec sincérité.
Mes sculptures s’inscrivent dans une démarche de retour sur l’enfance et de l’acquisition des caractères physiques et comportementaux de l’adulte.
A travers un des artefacts spécifiques de l’enfant, la peluche, je m’intéresse à ce qui constitue le passage vers le monde des adultes. Le corps de l’enfant, assimilé à la peluche, se métamorphose vers le corps de l’adulte. Apparaissent alors les attributs sexuels et de la maternité : phallus, seins…
Techniquement, je commence par rechercher des peluches qui peuvent se prêter à l’histoire que je souhaite raconter. Je les démantèle ensuite en plusieurs parties pour les réassembler à ma guise. Cette métamorphose est rigidifiée, puis montée sur un support en bois, peinte et enfin figée à la résine.
La réaction du spectateur se fait souvent en plusieurs étapes : d’abord une attirance régressive pour ce qui semble être la peluche de leur enfance, puis la prise de conscience de la narration, et enfin les interrogations : A-t-on le droit de faire ça avec un jouet ? Peut-on attribuer des caractères d’adulte à un objet enfantin ? Est-ce que la sculpture s’adresse à ma conscience d’enfant ou à ma conscience d’adulte ?
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